LA DÉPENDANCE GESTUELLE

La dépendance comportementale est liée à la dépendance physique, (et psychologique) mais elle concerne spécifiquement les gestes que l’on fait régulièrement, dans des situations qui sont toujours semblables. Chaque action est peu à peu associée non seulement à l’apport de la nicotine qui soulage du manque instantanément, mais également au geste, au mouvement, à l’automatisme, à la situation. C’est loin d’être anodin, puisque les fumeurs réguliers portent leur main à leur bouche plusieurs dizaines de fois par jour.

Fumer devient un réflexe, un peu comme dans l’expérience de Pavlov, très bien expliquée sur le site de Futura Santé.

Il suffit ensuite de voir un café, de s’assoir dans sa voiture, de rentrer chez soi ou de regarder la télé pour que la cigarette surgisse dans notre cerveau, impérieuse, obsédante, exigeant d’être fumée à la minute !

 

Gestion de la dépendance gestuelle

Pour vaincre ces réflexes, vous allez devoir changer vos habitudes, faire les choses dans le désordre, rythmer votre journée d’autres rituels.
Je vais vous donner deux exemples, en décortiquant pourquoi je vous propose ces changements, et ensuite vous pourrez vous-même changer d’autres habitudes.
Commençons par la cigarette de fin de repas, souvent très difficile à supprimer.
Cette envie est en grande partie liée à la dépendance comportementale, c’est à dire celle de l’habitude. En conséquence, vous pouvez commencer par changer le cadre dans lequel vous mangez (au salon plutôt qu’à la cuisine ou inversement), supprimer le café, ou le boire dans une autre pièce ou dans un autre contenant (une coupe de champagne par exemple, ça c’est vraiment bizarre) ou commencer par débarrasser la table…

 

Pourquoi est ce que j’ai envie de fumer, alors que je pensais en avoir fini avec la cigarette ..

Cette envie est aussi un peu liée à la dépendance psychologique : elle signifie que vous avez fini de manger, que votre journée avance. Ce qui aide bien à résister en toute fin de repas, c’est d’aller vous brosser les dents, ça peut vous paraître simpliste, mais décortiquons. Quand on fume en fin de repas, cela veut dire qu’on a fini de manger, que la journée avance. Se brosser les dents signifie aussi que notre repas est fini, car personne, jamais, ne se brosse les dents au milieu d’un repas. En plus, on se brosse les dents dans une pièce où on ne fume que rarement, on se brosse les dents avec la main et dans la bouche, comme la cigarette ; ça dure le temps d’une cigarette ou d’une idée de cigarette ; et on finit avec un bon goût dans la bouche et ça, ça change en mieux de la cigarette !

Voyons maintenant la cigarette de la soirée, devant la télé. Très souvent, le paquet est à côté de nous sur le canapé, le cendrier sur la table basse voire sur l’accoudoir, et le briquet est là aussi bien sûr !

Devant la télé, on est vraiment très passifs, on ne fait rien de nos 10 doigts, et on ne pense pas vraiment à ce que fait notre main, qui se tend toute seule vers le paquet.
L’idée, c’est donc de trouver une autre occupation à votre main : peu importe, vous pouvez tenir votre téléphone, un stylo, un vieux Rubix cube ressorti d’un carton, faire des travaux d’aiguille, peu importe, tout ce qui occupera les mains sera bon à prendre.

J’ai même connu quelqu’un qui avait installé un bol de légumes de secs de chaque côté de lui, et qui touillait dedans tout le long du film ! Il n’y a pas de solution idiote, l’idée, c’est que votre cerveau trouve ça bizarre, et que ça bloque un peu les idées de cigarettes.

Voilà, pour supprimer une cigarette rituelle, c’est bien de trouver un geste alternatif, mais il est aussi important que ce geste alternatif ait un peu la même signification que celle qu’aurait eue la cigarette.

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